A quand le 11 mai du spectacle ?

On comprend bien qu'il s'agit de se protéger du virus. On entend bien qu'il ne faut pas laisser s'effondrer l'économie (laquelle d'ailleurs ?). On évalue aisément la nécessité d'un mode de garde des enfants dont les parents partent travailler. On suppose volontiers qu'un regroupement en nombre ne s'acclimate pas à la situation sanitaire… On a toutefois du mal à envisager que cela soit un empêchement radical à l'imagination, l'émotion, la création… partagées.

On fait confiance aux institutions, aux entreprises, aux artisans pour prendre leurs responsabilités et faire preuve de bonne intelligence pour reprendre leurs activités en protégeant les travailleurs, les usagers, les familles… Ne peut-on considérer que le spectacle - grand ou petit - fait aussi société et a les mêmes capacités d'adaptation ?

Depuis le 16 mars, il nous a bien fallu réformer les modalités de notre activité et - parce que nous imaginons, nous adaptons, nous évoluons - nous savons le faire. Car si nous devons envisager une autorisation à ré-intégrer la société en septembre 2020, comment faire sans préparation ? Faut-il encore que nous soyons relégués au rôle de saltimbanque improvisant quelque simple amusement, écrit sur "un coin de table", pour offrir la gaudriole peu qualitative à une masse supposée ignare ?

Parce que nous avons besoin d'investir un espace réel, nous pouvons répéter nos créations en cours avec 10 personnes, dans une salle assez vaste - ou même en extérieur - pour permettre la distance physique recommandée. Parce que nous savons faire d'une épreuve, une exercice opportun, nous saurons porter des masques "aux normes", confectionnées par les comédiens et la costumière. Parce que nous sommes engagés et que nous participons toujours à l'effort collectif, nous savons veiller à l'hygiène et à la désinfection des locaux. Parce que notre art doit vivre pour continuer son action populaire et émancipatrice, nous voulons aussi être des travailleurs considérés par ceux qui ont le pouvoir de décider… que des conditions sont possibles pour nous aider.

Nous ne sommes pas des êtres puérils et inconséquents. Nous ne sommes pas des parasites. Nous ne cherchons qu'à œuvrer librement.

Merci pour les photos - et tout le reste - à, Carmen, Blanche, Julien, Anouk, Sophie, Noha, Cécile, Eric, Laura, Célia, May, Camille, Yohan, Christine, Odri, Didier, Thibaut, Benoît, Raphaël, Jules, Ludovic, Shaïna, Luc, Chloé.

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