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De qui se défie-t-on ?

Cette semaine, la mairie de Malakoff envoie aux associations, la copie d'une lettre adressée au premier ministre, signée de la maire et son adjointe chargée de la vie associative. Il s'agit de dénoncer le projet de "contrat d'engagement républicain" que les associations devront signer dans le cadre de la loi contre le séparatisme.   En effet, on s'étonne d'une telle défiance institutionnelle à l'égard des seules associations "subventionnées" (ça vaudrait même pour nous dont les aident plafonnent à quelques centaines d'euros annuels), légalement déclarées auprès des préfectures, régies par la loi de 1901 - qui stipule déjà que ni les statuts ni les actions ne peuvent contrevenir à la loi républicaine. On s'interroge sur l'efficience d'une nouvelle loi qui concerne les associations déjà soumises, chaque année, au traitement de l'importante paperasse bureaucratique pour répondre à l'arsenal règlementaire des agréments, c

Les bons vœux de ceux qui s'en fichent

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On ne cesse pas d'être naïf, on ne cesse de croire que nos élus se soucient de solidarité à l'égard des démunis, on n'a de cesse de croire au Père Noël ! Contents de laisser cette "drôle d'année 2020" derrière nous, on a souhaité que 2021 nous donne un peu d'espoir, une petite perspective, une lueur dans la nuit, une nouvelle sympa au pied du sapin - en ces temps d'échanges traditionnels de bons vœux. Alors, on a pris notre plume pour sensibiliser nos élus locaux au péril qui est là, au désarroi qui est le nôtre, et solliciter l'autorisation de pratiquer (un peu) l'enseignement artistique de la Compagnie du Ressort - qui est permis depuis le 15 décembre … C'était aller au-devant d'une grande désillusion ! Outre ceux qui ne daignent même pas répondre à notre SOS, il y a ceux qui assument que "oui, les institutions culturelles sont ouvertes aux activités, mais pas les associations, car elles sont accueillies dans des locaux non-esta

Neuf mois dans les abysses

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Abysse : profondeurs sous-marines où la lumière ne filtre pas ou peu et dont l'étendue occupe la majeure partie du globe.   A l'aube d'une nouvelle année, on n'ose plus prendre de bonnes résolutions. A peine jette-t-on un regard en arrière pour tenter un modeste bilan.    Au printemps, la troupe perdait la moitié de ses effectifs, mais quelques comédiens expérimentaient le visio-théâtre. Nous fûmes "les oubliés du dé-confinement" mais avons pu compter sur l'aide de proches pour préparer et diffuser notre spectacle rescapé. En septembre, on se faufile pour 3 représentations devant un public parsemé, masqué, hydro-alcoolisé. Et voilà qu'à peine notre 27 ème saison engagée, nous sommes renvoyés dans nos pénates ! Les circonstances sont bien différentes, cet automne : les enfants vont à l'école, les adultes sont tous au travail. Les visios qui furent un lien bienvenu, deviennent une contrainte supplémentaire. Le manque de perspective sème le doute da

"E la nave va" - toutes voiles rabattues

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A l'heure où le milieu culturel exprime sa frustration quant à la fermeture de ses lieux de travail, les commentateurs compatissent.   La culture est un secteur économique important. La culture est un vecteur de vie sociale. La culture est essentielle, etc. On aimerait aussi évoquer la dimension émancipatrice, civilisationnelle de la pratique, de la fréquentation, du côtoiement de l'art. "Même l’illettré qui n'a pas lu et ne lira jamais Flaubert, Rimbaud ou Joyce, ne vit pas aujourd'hui de la même façon que son semblable avant que ceux-ci apparaissent." Claude Simon, prix Nobel Au-delà de la fonction de lien, d'échange d'idées de l'art, à l'instar de la concrète réalité socio-économique de la culture, il s'agit d'émotion partagée, d'accès à l'abstrait, de transcendance pour éprouver ce qu'on ne saurait comprendre. La culture livre au plus grand nombre, une vision personnelle et artistique de la société des humains. C'est

Ecrire à petits pas …

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Parfois les logements sont exigus, les voisins trop proches. Parfois les connexions sont faibles, les images floues, le son épisodique. Parfois on voudrait un horizon. Parfois s'exprime la frustration … Éloigné des autres, on s'accroche à ce lien ténu du rendez-vous-hebdo-en-visio pour grappiller un peu de bonne humeur, dire encore notre sympathie mutuelle, entretenir la patience. Dans l'attente de jours meilleurs, on gravite cahin-caha, on partage. Les premiers travaux n'ont pas pu être livrés en novembre : 3 groupes et 3 textes qui n'ont pas rencontré leur public. Une lettre au Père Noël pour jouer avec la générosité - des enfants qui en ont montré tant - "parce que papa m'a expliqué que vous n'étiez pas très riche cette année" . Un exercice auquel les petits compagnons se sont adonnés avec espièglerie. Les jeunes acteurs de la compagnie "parlaient de poètes et d'écrivains qui font la route avec nous" , parmi lesquels un talentueux

Surmonter les épreuves … encore !

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Début novembre, un confinement partiel nous compte cependant parmi les activités sacrifiées sur l'autel sanitaire. Après 3 semaines de démarrage de la saison, les salles municipales ferment et nous laissent sans possibilité de développer notre programme ni de poursuivre nos répétitions théâtrales - à l'inverse des institutions culturelles qui peuvent au moins travailler et avoir des perspectives pour l'heure de la sortie. On nous assure comprendre notre désarroi… et puis quoi ? Rien. Fidèle, tant à son esprit qu'à son nom, la Compagnie du Ressort tente encore de résister et de rebondir. C'est re-parti pour les séances en visio - qu'il faut raccourcir pour ne pas fatiguer, qu'il faut multiplier pour préserver un ersatz de séance particulière lorsque l'effervescence collective est empêchée. Face aux incertitudes, on décide d'amender notre programme et de s'atteler à la constitution d'un Grand Répertoire de Petites Formes théâtrales. Si l'au

Vivants, tant qu'on peut !

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Ce fut un mois de septembre sous haute tension sanitaire pour notre troupe qui, dès la fin août, était sur le pont, prête à gravir les marches du théâtre. Durant l'été, on s'est préparé à investir l'espace public - les parcs, les places, les coins de rues - à la rencontre d'un public de passage… mais le contexte de rentrée ne s'y est pas prêté (si nous sommes enthousiastes, nous ne sommes pas inconséquents) ! Fidèle à sa réputation, la Compagnie du Ressort rebondit ! Parce qu'on n'allait pas s'empêcher d'offrir l'écrin d'un théâtre qui mettra en lumière et en son, les talents et les élans de ceux qui étaient encore de l'aventure. Le 1er septembre, on récupère les clés de la salle de répétition et on consacre les 8 premières heures de la saison à nettoyer, désinfecter et ranger les locaux qui accueilleront bientôt notre troupe, en toute sécurité. On mène tout de front : répétitions de 3 spectacles (dont 2 formes courtes), rafraîchissement

Nos compagnons ont du talent - Joséphine

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La rubrique récurrente de nos compagnons créatifs. Orpheline à 11 ans, Joséphine LE GRALL passe d'un foyer à un autre avant de devoir quitter l'école et être placée comme bonne-à-tout-faire dans une famille de sa Bretagne intérieure. Déjà animée par une certaine idée d'indépendance, elle s'émancipe de ce destin en apprenant le métier de couturière. C'est à la fin des années 40, qu'avec son mari, elle quitte sa région natale, égrenée de tristes souvenirs, pour rejoindre Paris où elle travaillera et élèvera ses trois enfants - dont Didier, le Régisseur Général de la Compagnie du Ressort. Couturière dans la confection textile, elle entre ensuite dans l'administration du ministère de l'industrie.   A 71 ans, veuve et retraitée, elle renoue avec son premier métier et se lance un nouveau défi : être costumière pour le théâtre. Elle promet de rester à nos côtés jusqu'à son 80ème anniversaire… puis, prise au jeu de sa famille artistique, elle rempile ! Penda

Du théâtre, magré tout !

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Depuis un mois, grâce au soutien de quelques amis et à l'enthousiasme tenace de notre troupe de comédiens adultes, les corps s'animent enfin, les regards s'échangent réellement, les émotions s'expriment avec vérité. C'est le grand retour à l'atelier des costumes et des décors, à l'effervescence logistique et de communication, à la frénésie créatrice des répétitions. Ainsi, malgré la crise sanitaire, malgré un dé-confinement difficile, malgré le déni des pouvoirs publics quant à notre situation encore précarisée, la Compagnie du Ressort a lutté durant les temps "enfermés", pour parvenir à organiser quatre représentations-pirates de son spectacle-survivant. 16 comparses bénévoles, ébouriffés et gonflés à bloc pour tirer les larmes, les rires et l'étonnement de 20 personnes "masquées" chaque soir (si vous n'avez pas votre masque, on vous en prête de très jolis, fabriqués par nous-mêmes)… grâce à une farce métaphysique, l'ago

Ceux qui sont à nos côtés

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Depuis mi-mai, nous avons été, chaque jour davantage, les témoins du retour à l'activité et à un semblant de vie sociale… des autres. Libéré ou contraint, on pointe peu à peu son nez hors de chez soi. Le bruit sourd de la ville tinte à nouveau. Ça semble revivre quelque peu. Ravivées par l'espoir de se revoir bientôt, les répétitions - encore virtuelles - se font plus intenses, plus vibrantes. Avec enthousiasme, on reprend contact avec les élus locaux pour solliciter l'aide tant promise afin d'envisager un retour partiel mais réel à nos répétitions théâtrales. Après 2 semaines sans réponse, nous réitérons un appel plus précis. Citoyens responsables et solidaires que nous sommes, nous proposons notre participation active et la prise en charge du nettoyage et de l'entretien sanitaire du local municipal que nous souhaitons ré-investir pour un petit mois, et sans lequel notre spectacle ne peut exister. Assurés d'avoir mis en place un protocole sanitaire str