Une belle page blanche

Au début de l'été, un peu fatigués par une saison bousculée, on était pourtant heureux de partager de précieux moments d'art et de convivialité. Malgré quelques rares possibilités d'accéder à des locaux pour nos répétitions, malgré l'annulation sans compensation de nos dates de diffusion, nous avons pu compter sur la générosité des comédiens dont la souplesse a permis de travailler au gré d'un calendrier et de conditions variables, des adhérents dont les dons ont participé au financement des frais de création, des amis qui ont ouvert leur jardin, leur maison, leur atelier, des professionnels du spectacle qui n'ont pas compté les heures de travail bénévole, du public qui est venu nombreux, bravant une météo capricieuse.

18 mois de "résilience" enjointe par les pouvoirs publics. On constate cependant les effets de cette interminable crise, en ces temps souhaités "de reprise" : une jeunesse désorientée, un engagement frileux face à une avenir incertain, un repli de ceux qui s'illusionne sur une telle compensation d'un contexte professionnel envahissant et parfois hostile… Tel un feu follet, la résilience a brillé furtivement avant de laisser place à la pénombre. 

Au théâtre, l'obscurité est la neutralité qui permet de créer la lumière, une page blanche qui offre de nouveaux possibles. Fidèlement attachés à une pratique artistique de qualité pour tous, convaincus du bien-fondé de nos valeurs de citoyenneté, de participation et d'inclusion, on envisage cette nouvelle saison avec une envie inextinguible de théâtre, semée de moments de partage aussi nombreux que festifs, aussi bienveillants qu'émancipateurs.

 
Déjà, septembre voit s’égrener des instants de rencontre, grâce à quelques compagnons qui ont joué, échangé, applaudi, soutenant la compagnie pour que vive encore le théâtre. De nouveaux visages sympathiques poussent timidement notre porte et font revivre l'espoir d'une aventure humaine, collective, créatrice.



Merci à Coline, Raphaël, Juana, Aude, Noha, Chloé, Carmen, Elyes, Gabriel, May, Didier et Odri

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