De qui se défie-t-on ?

Cette semaine, la mairie de Malakoff envoie aux associations, la copie d'une lettre
adressée au premier ministre, signée de la maire et son adjointe chargée de la vie associative. Il s'agit de dénoncer le projet de "contrat d'engagement républicain" que les associations devront signer dans le cadre de la loi contre le séparatisme.
 
En effet, on s'étonne d'une telle défiance institutionnelle à l'égard des seules associations "subventionnées" (ça vaudrait même pour nous dont les aident plafonnent à quelques centaines d'euros annuels), légalement déclarées auprès des préfectures, régies par la loi de 1901 - qui stipule déjà que ni les statuts ni les actions ne peuvent contrevenir à la loi républicaine. On s'interroge sur l'efficience d'une nouvelle loi qui concerne les associations déjà soumises, chaque année, au traitement de l'importante paperasse bureaucratique pour répondre à l'arsenal règlementaire des agréments, conventions, objectifs… liés aux demandes des collectivités publiques et à la loi de 1901- et ses nombreux décrets qui la précisent, l'amendent au fil des décennies. On imagine aisément que cela aura pour effet de nous noyer davantage dans les méandres administratifs, laissant les rares "associations de fait", ne rendre compte de leur objet qu'à leurs financeurs privés - seule une petite partie d'entre elles étant probablement visées par ce nouveau monstre législatif auquel elles échapperont donc…

A la lecture de cette lettre, on se flatte que les associations soient citées comme "acteurs de terrain participant au lien social et à l'animation des territoires" et cela est certainement sincère à l'égard de celles que la mairie défend et dont elle accompagne les projets. Quant à nous, petite association culturelle indépendante, ceci a aussi les accents d'une communication maladroite de ceux dont le soutien s'exprime exclusivement virtuellement dans le contexte pandémique actuel.

Parce que, œuvrant depuis 27 ans, à populariser la culture pour le fondement de l'éducation des citoyens, nous n'avons pas été autorisés à reprendre notre travail lors du dé-confinement de mai 2020.

Parce que, en juin, lorsque les théâtres rouvraient, nous n'avons pas eu accès à la salle de spectacle municipale. Dans le même temps, la mairie déprogrammait le Forum des associations de rentrée - événement collectif valorisant le dynamisme associatif local - et l'élue balayait les protestations des "acteurs de terrain" d'un nonchalant "cela fera le tri entre les associations solides et celles qui sont vouées à disparaître" !

Parce que, convaincus qu'il faut investir massivement dans la culture - car un pays qui n'a pas d'imaginaire ne peut atteindre l'unité libre, égale et fraternelle - on se préparait à reprendre partiellement une activité "autorisée par les décrets sanitaires", dès la rentrée de janvier 2021… mais c'était sans compter sur le refus inexpliqué de la mairie à nous entendre (alors que le conservatoire municipal rouvre et fournit des attestations dérogatoires de déplacement après 18h, à ses jeunes élèves).

A l'heure où la classe politique use sans modération du terme "résilience", c'est encore à nous d'en faire indéfiniment l'expérience…

Une lueur s'est pourtant allumée dans cet obscur contexte, lorsque la maire de Châtillon et son adjointe à la culture ont mis à notre disposition, une salle municipale, le dimanche après-midi. De mi-janvier à mi-février, notre troupe s'est donc réunie par petits groupes masqués, hydro-alcoolisés, distanciés pour bénéficier, à tour de rôle, de 2 répétitions salutaires… Pourvu que ça dure !

Merci à Eric pour le visio-portrait d'Odri

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